
John Chen Fu-Chun, cicm
Stagiaire à Hong Kong
La Congrégation du Cœur Immaculé de Marie a célébré dans l’action de grâce son 70ème anniversaire de présence missionnaire à Taïwan — Jubilé de platine de CICM Taiwan. La cérémonie de clôture de cette année jubilaire le 28 novembre 2025 a couronné cette année. Mgr Martin Su Yao-wen, évêque du diocèse de Taichung, a présidé la célébration eucharistique à la paroisse Saint-Paul. C’est à Taichung que CICM est principalement présente.
Action de grâce et Révélation – Comprendre le mystérieux plan et l'œuvre missionnaire de Dieu.
Je suis reconnaissant pour la grâce d’avoir pu participer à cette célébration à mon retour des études aux Philippines — un moment que je considère comme faisant partie du mystérieux plan de Dieu. Cette expérience a approfondi ma compréhension du travail missionnaire de CICM à Taïwan, permettant non seulement un bilan historique mais aussi de réfléchir à la pertinence actuelle de notre présence. A cette occasion, je cherche à discerner le message que Dieu veut pour l'Église d’aujourd’hui, pour les missionnaires et le peuple taïwanais : un appel intemporel. Le Jubilé de platine de CICM Taiwan, qui a lieu en même temps que l'Année du Jubilé universel de l'Église 2025, marque soixante-dix ans de travail missionnaire dévoué, met en lumière notre préoccupation pour la paix et les pauvres, et révèle l'esprit évangélique qui invite à la simplicité et la paix. En fin de compte, cela montre que « la joie de l’évangélisation » demeure l'essence de cette Année Jubilaire.
Trois contributions innovantes à Taïwan.
L'homélie a été prononcée par le père Willy Ollevier, CICM, pleine d’humour et d'esprit. Il a relié les missionnaires CICM, qui accomplissent cette œuvre, à Jésus, qui proclamait le Royaume de Dieu dans tous les villages où Il passait. Willy a spécifiquement mentionné trois contributions innovantes importantes que CICM a apportées à Taïwan au cours des soixante-dix dernières années.
D'abord, la langue. Lorsque CICM est arrivé à Taïwan, la messe était encore célébrée en latin. Bien que le latin ait sa beauté, la plupart des gens ne le comprenaient pas. L'utilisation du latin empêchait de comprendre en profondeur le sens de la messe. Environ dix ans après son arrivée à Taïwan, CICM a abandonné l’emploi du latin pour utiliser dans la liturgie les langues locales. Le père Frederic Vincent Lebbe, fondateur des Petits Frères de la Congrégation de Saint-Jean-Baptiste, a encouragé la naissance d’une Église vraiment chinoise. Il a un jour proposé : « La Chine appartient aux Chinois, et les Chinois appartiennent au Christ. » CICM a discrètement appris et pratiqué cette façon d’évangéliser par ce changement linguistique.
Deuxièmement, la synodalité. CICM a très tôt reconnu l'importance de marcher main dans la main avec les communautés laïques, plutôt que de voir les chrétiens simplement tout attendre des prêtres. Un prêtre n'est pas un patron, mais quelqu'un qui sert tout le monde. CICM a mis cela en pratique en créant un Centre Pastoral et en offrant des bourses aux étudiants souhaitant étudier la théologie à l'étranger, y compris en Belgique. Après l'obtention de leur diplôme, ces étudiants ont pu continuer à travailler avec des prêtres dans le cadre du travail d’évangélisation.
Troisièmement, travailler main dans la main avec la société civile. Les ordres religieux missionnaires devaient prendre des mesures concrètes pour répondre aux besoins de la société. Deux ans après son arrivée à Taïwan, CICM a créé une école primaire, et ensuite un lycée. Il faut noter aussi le programme d'éducation spécialisée destiné aux personnes ayant des difficultés physiques ou mentales. Le père Antoine Maes a découvert que certains parents de ces enfants n'étaient pas capables de s'occuper d'eux, il a donc décidé d'établir une école d'éducation spécialisée pour eux. CICM a également créé un centre pour offrir des services aux sans-abri. En plus de ces trois contributions innovantes, CICM-Taïwan a encore beaucoup de travail à faire dans le diocèse de Taichung et dans toute l'Église.

Encore quelques remarques au sujet de cet événement.
A la fin de la messe, avant la bénédiction solennelle, les remarques suivantes ont été faites par des confrères CICM, l'évêque Martin Su Yao-wen et le représentant de la paroisse Saint-Paul. Premièrement : Le père Anthony Lim Pheck Leng, conseiller général représentant le père Charles Phukuta, supérieur général de CICM, a raconté en détail comment la Congrégation est arrivée à Taïwan et a commencé son travail d’évangélisation de manière très simple, répondant aux besoins des communautés locales. Ensuite les quatre premiers missionnaires CICM débarqués à Taïwan dans le port de Keelung, les pères Antoine Maes, Marcel Goffart, Frans De Ridder et Willy Ollevier, arrivés à différentes époques de la période initiale, peuvent être considérés comme les “Quatre Grands” missionnaires CICM à Taïwan. Ensuite, la congrégation s'est consacrée à l'éducation, aux services sociaux et à l'éducation spécialisée pour les personnes en difficulté. CICM a également élargi ses soins pour inclure des conseils psychologiques, des services pour les personnes âgées et le tutorat pour enfants. Certains de ces ministères continuent jusqu’à aujourd'hui.
À partir des années 1900, certaines tâches ont été transférées au diocèse. Les diocèses ont commencé à assumer la responsabilité des soins pour les personnes dans le besoin, et notre congrégation a pleinement coopéré et soutenu ainsi la croissance du diocèse. De plus, CICM a travaillé main dans la main avec les groupes laïcs. Leur aide enthousiaste permit au travail d'évangélisation de se dérouler sans encombre. Progressivement, des membres plus jeunes de CICM à Taïwan sont venus prêter main forte. Ils viennent principalement du Congo et des Philippines, et non plus de Belgique. CICM a continué à participer activement aux travaux pastoraux et d’évangélisation dans l'archidiocèse de Taipei et le diocèse de Taichung. Chaque fois qu'un évêque local le demande, CICM est prêt à accepter la tâche.

Le conseiller général, Anthony Lim, a remercié Mgr Thomas Chung An-zu, évêque de l'archidiocèse de Taipei, et l’évêque Martin Su Yao-wen du diocèse de Taichung ; tous les prêtres, frères et sœurs religieux, partenaires au sein de l'Église, et tous ceux qui avaient accompagné la congrégation dans le travail missionnaire, car d'une manière particulière, ils sont tous les Amis de CICM. CICM sera toujours reconnaissant et continuera à travailler avec sincérité avec chacun pour proclamer l'Évangile à Taïwan. En plus de s'exprimer au nom du Supérieur général, le père Anthony Lim a également partagé ses propres réflexions. Il a spécifiquement mentionné qu'en raison des changements rapides de notre époque, tels que le déclin des familles élargies, le faible taux de natalité et l'influence des valeurs laïques, l'évangélisation doit s’orienter dans de nouvelles directions : il faut sortir de nos églises. Nous devons nous unir et inviter les frères et les sœurs à rejoindre nos petites communautés pour partager la beauté de l'Évangile. L'évangélisation et le soutien pastoral sont les tâches que nous assumons ensemble. Unissons-nous à la congrégation pour les soixante-dix prochaines années.
Le père Antonius Harnoko, supérieur provincial de la province CICM en Asie, a été l’intervenant suivant. Il a remercié Dieu pour Sa grâce et chacun pour son dévouement désintéressé, contribuant à la réussite de la célébration. Il a reconnu que la Congrégation demande sincèrement à chacun de continuer à soutenir les œuvres d’évangélisation de CICM. Par cette célébration, CICM a également renouvelé le contrat avec le diocèse de Taichung pour confirmer que la coopération continuera.
Ensuite le père Norbert Khonde Khonde, supérieur CICM du district de Taïwan, s’est exprimé. Il a présenté tous les membres CICM présents avec beaucoup d’humour. Il faut noter que certains membres étaient venus à Taïwan pour l'événement et connaissaient relativement peu la communauté catholique taïwanaise, en particulier les membres du gouvernement provincial : le père Dominique Mukonda Kananga, vice-provincial et supérieur du district Chine-Hong Kong ; le père Joni Payuk, supérieur du district Indonésie-Singapour ; le père Matthew Ndjeok Golime, supérieur du district de Mongolie ; le père Peter Koh, Économe provincial, et le père Louland Escabusa , secrétaire provincial. Le frère Jean-Pierre Musongiela, arrivé quelques jours plus tôt à sa destination de mission, Taïwan, fut également présenté.
Mgr. Martin Su Yao-wen, au nom du diocèse de Taichung, a exprimé sa gratitude envers CICM pour sa généreuses contribution et a loué son esprit de Cor unum et Anima una. M. Meng, représentant de la paroisse Saint-Paul, a également exprimé ses remerciements et ses félicitations toutes particulières au père Antoine Maes pour son travail acharné en tant qu'ancien curé de paroisse, guidant le troupeau de notre Seigneur Jésus.
La situation stimulante à Taïwan met en lumière les défis auxquels CICM est confronté.
La cérémonie de clôture de cette année du jubilé de platine s'est conclue par un déjeuner très apprécié. Après ce repas agréable, il a bien fallu se dire aurevoir. Ce rapport de ce jour béni doit inclure également des réflexions sur certaines réalités auxquelles Taïwan, mon pays natal, est confronté.
Après la guerre de Corée dans les années 1950, les États-Unis ont fourni une aide à grande échelle à Taïwan. Parce que l'aide alimentaire était distribuée par l’intermédiaire de l’Église, certaines personnes à Taïwan ont commencé à se rendre dans les églises pour y recevoir cette aide. De 1949 à 1953, de nombreux prêtres et religieuses catholiques, poussés par les situations politiques difficiles, vinrent à Taïwan. À cette époque, de nombreux peuples autochtones se convertirent au christianisme : une période appelée le « Miracle de Formose ». Les statistiques montrent qu'entre 1950 et 1970, environ 300 000 Taïwanais se sont convertis au catholicisme, dont environ 120 000 autochtones. L'arrivée de CICM à Taïwan (1955) coïncida avec la période de transformation de l'île.
Cependant, depuis les années 1970, le nombre de croyants est resté autour de 300.000, sans augmentation significative. Pendant ce temps, Taïwan a connu une croissance démographique rapide. Par conséquent, on peut dire que proportionnellement le nombre de croyants a diminué plutôt qu'augmenté. Certaines études de ce phénomène interpellant suggèrent que la stagnation de l'Église catholique depuis les années 1970 peut être attribuée à plusieurs facteurs : l'amélioration des conditions socio-économiques a entraîné une diminution du besoin religieux des populations ; la résistance de la culture traditionnelle aux religions étrangères ; la renaissance des croyances populaires ; et la migration des populations religieuses. Avec le boom économique, les valeurs laïques ont commencé à imprégner la société taïwanaise. Il y a cette phrase typique de la publicité pour une marque de chewing-gum : « Si ça me plaît, qu'est-ce qu’il y a de mal à cela ? » Dans le système éducatif taïwanais, les écoles publiques ont l’interdiction de promouvoir ou d'organiser des activités pour des religions spécifiques et ne peuvent pas forcer les enseignants et les élèves à y participer. Bien que les écoles privées puissent mener des activités religieuses spécifiques conformément à leurs principes éducatifs, elles doivent respecter les souhaits des enseignants et des élèves et ne peuvent pas pratiquer de « discrimination ».
L'évangélisation est donc une activité délicate même dans les écoles catholiques. D’après les statistiques, le suicide est devenu la deuxième cause de décès chez les adolescents à Taïwan, juste après les décès par accidents. Le taux de suicide chez les 15-24 ans a plus que doublé en 10 ans. De plus, Taïwan affiche le deuxième taux de divorce le plus élevé en Asie et l'un des taux de natalité les plus bas au monde. En Asie, Taïwan a été la première à légaliser le mariage entre personnes de même sexe. Par cette constatation, on peut voir que les valeurs libérales sont devenues très dominantes à Taïwan. L'Église catholique à Taïwan deviendra-t-elle la dernière lumière qui peut guider les navires à la dérive dans ces temps les plus sombres ?
En plus de répondre aux préoccupations éthiques, un autre phénomène reflète le besoin croissant de dialogue interreligieux à Taïwan. Il existe de nombreuses religions traditionnelles à Taïwan. Selon les statistiques, à ce jour, le nombre total de temples enregistrés à Taïwan est de 10 962. Ainsi, en moyenne, on peut trouver un temple tous les 3,3 kilomètres carrés, ce qui reflète la diversité de la culture religieuse à Taïwan. La foi que l'Église offre comme un cadeau à ses fils et filles d’Asie ne peut être confinée dans les limites de la compréhension et de l'expression d'une seule culture humaine, car elle transcende ces limites et pousse même toutes les cultures à atteindre de nouveaux sommets de compréhension et d'expression. (Ecclesia in Asia, 20) L'Église a le plus profond respect pour ces traditions et cherche à engager un dialogue sincère avec ces fidèles. Les valeurs religieuses qu'Elle enseigne attendent leur accomplissement en Jésus-Christ. (Ecclesia in Asia, 6) Par conséquent, les missionnaires CICM doivent garder à l'esprit le besoin pressant des Églises locales en Asie de présenter le mystère du Christ à leurs peuples conformément à leurs schémas culturels et à leurs modes de pensée. (Ecclesia in Asia, 20).
En résumé, l'Esprit continue de nous inspirer afin que nous continuions d'avancer dans ce monde en mutation, en y accomplissant la mission de Dieu. L'Église, envoyée par le Christ pour révéler et communiquer l'amour de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations, est consciente qu'il lui reste encore une tâche missionnaire gigantesque à accomplir. (Ad Gentes, 10) En Asie, foyer de grandes religions où individus et peuples entiers aspirent au divin, l'Église est appelée à être une Église priante, profondément spirituelle, même lorsqu'elle s'engage dans des préoccupations humaines et sociales immédiates. Tous les chrétiens ont besoin d'une véritable spiritualité missionnaire de prière et de contemplation. (Ecclesia in Asia, 23) Les enfants de Dieu ont besoin de guérison divine, de renouveau, de sanctification et de transformation. Les missionnaires CICM à Taïwan, en tant qu’« hommes de prière vivant en communion fraternelle », continuent de proclamer la Bonne Nouvelle dans le contexte local et à la manière missionnaire de CICM.

MESSAGE DU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DE CICM, PÈRE CHARLES PHUKUTA, À L'OCCASION DE LA CÉLÉBRATION DU 70ème ANNIVERSAIRE DE LA PRÉSENCE MISSIONNAIRE DE LA CONGRÉGATION DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE (CICM) À TAÏWAN
Excellence, Mgr. Martin Su, mes chers prêtres, frères et sœurs religieux, Père Supérieur Provincial, ainsi que tous les confrères CICM, collaborateurs laïcs, amis de CICM, ainsi que vous tous frères et sœurs en Christ, salutations de Rome ! Rempli de joie, mes pensées et mes prières sont avec vous en cette occasion spéciale de la célébration du 70ème anniversaire de la présence missionnaire de CICM à Taïwan.
L'histoire de CICM à Taïwan a commencé le 17 janvier 1955, avec l'arrivée de quatre missionnaires CICM : Remi Van Hyfte, Pierre Crevits, André Baert et Albert Geusens. Ils arrivèrent au port de Keelung puis se rendirent à Taipei, district de Wanhua, où CICM fut chargé par le vicaire apostolique de Taipei, l'évêque Guo Ruoshi, CDD (Congregatio Discipulorum Domini), d’y proclamer l'Évangile et d'y établir l'Église catholique. Les missionnaires CICM ont choisi le district de Wanhua car il abritait de nombreuses personnes dans le besoin. Cela reflète le charisme de CICM : proclamer l'Évangile et répandre l'amour de Dieu auprès des pauvres.
Avec des débuts modestes en louant des appartements, en se rassemblant pour prier et en méditant les évangiles, la mission s'est progressivement développée en paroisses avec des églises et des communautés chrétiennes. Quelques mois après leur arrivée, la paroisse du Saint Rosaire fut créée en 1955. En 1957, la paroisse de la Résurrection sur la rue Dali et la paroisse du Christ Sauveur sur la rue Liuchou furent fondées. Le sanctuaire Sainte-Thérèse de Lisieux a été fondé en 1958. L'engagement de CICM envers la mission à Taïwan était évident par l'envoi continu de missionnaires. Après l'arrivée des quatre premiers missionnaires en janvier 1955, deux autres furent envoyés plus tard cette année-là. En 1956, six missionnaires furent envoyés ; en 1957, quatre ; et en 1959, trois missionnaires sont arrivés, dont le père Ma Shi Guang (Antoine Maes), présent parmi vous. Dans les années suivantes, en moyenne un ou deux missionnaires ont été envoyés chaque année. Le père Hou Fa De (Marcel Goffart) est arrivé en 1964, le père Lin Rui De (Frans De Ridder) en 1965, et le père Wu Wei Li (Willy Ollevier) est venu à Taïwan en 1971. Ils sont là au milieu de vous.

La proclamation de l'Évangile et la création de communautés chrétiennes furent les principales activités missionnaires des débuts. Cependant, après quelques années, suivant l'exemple de Jésus en tendant la main aux pauvres, CICM a porté son attention vers l'éducation et le ministère social. Beaucoup d'enfants du district de Wanhua n'avaient pas accès à l'éducation. CICM a ouvert des jardins d'enfants paroissiaux, des écoles élémentaires catholiques et un lycée catholique. Plus tard, en réponse aux besoins des enfants handicapés physiques et mentaux, CICM a créé des Centres d'Éducation Spécialisée.
En 1965, à l'invitation de l'évêque de Taichung, CICM a commencé un travail missionnaire à Taichung en fondant la paroisse Saint-Paul sur Daya Road. Depuis lors, les missionnaires CICM continuent de servir dans le diocèse de Taichung.
Au fil des années, la mission à Taïwan s'est développée et s'est étendue. De nouvelles questions sociales sont apparues. CICM a commencé à s'attaquer aux problèmes du nombre croissant de sans-abri à Wanhua, la demande de programmes de conseils psychologiques et de développement humain, ainsi que le vieillissement de la population. En conséquence, CICM a créé le Centre de conseil Huai Jen, la Maison de la Paix pour les sans-abris, le Centre pour personnes âgées et le Centre de garde après l'école pour enfants. Certains de ces centres sont toujours en activité.
La proclamation de l'Évangile est toujours liée à des actions concrètes, comme tendre la main à ceux qui sont dans le besoin. Nous sommes appelés à être de « Bons Samaritains » ! C'est pourquoi CICM, en plus de fonder des paroisses et des communautés chrétiennes, participe également à l'éducation et au travail social.
Une autre caractéristique de CICM est son rôle dans la création et le soutien de l'église locale. Dans les années 1990, l'archidiocèse de Taipei est devenu une église locale pleinement établie et autonome. Il était alors temps de transférer la gestion des écoles et certains services sociaux à l'église locale. Par conséquent, tous les jardins d'enfants, écoles élémentaires, lycées et centres d'éducation spécialisée ont été remis à l'archidiocèse de Taipei, avec la poursuite du soutien de CICM pour relever ces défis. Nous sommes heureux que l'Église locale a pu prendre cette responsabilité de tendre la main à ceux qui sont dans le besoin, comme Jésus l'a dit à ses disciples : « Donnez-leur quelque chose à manger ! » L'église locale doit grandir, et nous, missionnaires, continuerons à soutenir ce développement.
Au fil des années, les missionnaires CICM ont atteint ces objectifs grâce à l'aide généreuse et à la collaboration de nombreux laïcs des paroisses et des communautés chrétiennes. En tant que missionnaires étrangers, nous dépendons de nombreux collaborateurs laïcs pour aider à proclamer l'Évangile : ils l’ont fait en tant qu'enseignants, catéchistes, administrateurs, aidants, éducateurs spécialisés et « mains bénévoles ». Sans leur soutien, cela aurait été impossible.
Ces dernières années, des jeunes missionnaires sont venus du Congo et des Philippines, et non plus de Belgique. Aujourd'hui, CICM poursuit son implication dans l'archidiocèse de Taipei et le diocèse de Taichung. Nous sommes heureux de continuer à travailler aux côtés de l'Église locale pour partager l'Évangile avec le peuple taïwanais au sein de ces deux diocèses. Nous sommes ici pour servir l'église locale ! En d'autres termes, nos missionnaires sont prêts à répondre à l'appel de l'Église locale, par l'intermédiaire de son évêque, pour accomplir les tâches missionnaires spécifiques au sein du diocèse.
La célébration d'aujourd'hui du 70ème anniversaire de la présence missionnaire de CICM à Taïwan vous honore, vous qui êtes ici et ceux qui nous ont précédés ! C'est aussi une action de grâce à Dieu pour le remarquable parcours missionnaire que CICM a partagé avec l'Église et le peuple taïwanais. Merci, à Mgr. Martin Su et Mgr. Thomas Chung ! Merci à tous les prêtres, frères et sœurs religieux ! Merci à tous les collaborateurs laïcs, en particulier aux « Amis de CICM » ! Et merci à tous, chers frères et sœurs, pour l'incroyable voyage missionnaire que nous avons vécu ensemble ! Nous, missionnaires CICM, vous serons éternellement reconnaissants et continuons à compter sur vous pour proclamer la Bonne Nouvelle du Seigneur à Taïwan !



Audrey Matombe N. and Justin Pasuanzambi S.
L’année du grâce 2025, déclarée par sa sainteté le pape François, de vénérée mémoire, comme une année jubilaire dans l’Église Catholique, placée sous le signe de l’espérance, a été aussi une année de jubilé pour le Scolasticat Père Nkongolo, Scopenko en abrégé. Dans ce climat d’espérance, le Scopenko a fêté avec joie et allégresse ses cinquante années d’existence avec comme thème : «Scopenko, témoin de la fraternité universelle, ravive l’espoir de la mission».
En effet, le Scopenko comme maison de formation a vu le jour en 1975 : il y a donc cinquante ans en 2025. Cette maison de formation de la congrégation des pères de Scheut a été, depuis sa création, un lieu de formation des jeunes philosophes CICM et a donné naissance à plus d’un missionnaire CICM, œuvrant dans le monde entier en vue d’apporter la Bonne Nouvelle du Salut à toutes les créatures.
Conscients de cela, la célébration de ce jubilé a connu une ampleur sans précédent, et une participation active et nombreuse de tous ceux qui y ont grandi dans la vocation à la vie religieuse et missionnaire. Le 13 juillet 2024 a été la date choisie par la commission organisatrice, composée de quelques membres de la province CICM-KIN, pour le lancement des activités liées au cinquantenaire de cette pépinière qui a légué à l’Église, à CICM, voire au monde un nombre important de missionnaires et de laïcs engagés au service du Christ.
Après ce lancement, l’heure était arrivée de rendre ce moment inoubliable et captivant. Il a pu trouver sa pleine concrétisation par la force de l’Esprit Saint, grâce à la détermination des organisateurs, la bonne volonté des bienfaiteurs, la ferveur des pré novices et l’engagement spirituel des fidèles chrétiens.
Ainsi donc, les lignes qui suivent présenteront les diverses activités qui ont contribué à la pleine réussite de la célébration du cinquantenaire.
Les animations missionnaires
dans les paroisses gérées par des CICM à l’occasion du jubilé d’or du Scopenko,
La commission Ad Hoc a organisé une tournée d’animations missionnaires dans toutes les paroisses gérées actuellement par des CICM dans l’Archidiocèse de Kinshasa, dans le but de susciter auprès des jeunes, la soif de se mettre à la « Sequela Christi », en étant des religieux missionnaires. Les pré novices CICM, en compagnie de leurs formateurs et de quelques membres de la commission Ad Hoc, ont animé des célébrations eucharistiques au cours desquelles, les formateurs présidaient et les pré novices se chargeaient de la chorale. Les animations ont eu lieu comme suit : en premier lieu, dans la paroisse Saint Kizito de Kingabwa, ensuite dans la paroisse Sainte Honorine Mandela, puis Notre Dame de Fatima, ensuite Saint Léonard Mbudi et Sainte Louise de Marillac, pour finir avec la paroisse Saint Eugène de Menkao. Quant aux paroisses Saintes Perpétue et Elisabeth, les membres de la commission y ont représenté la communauté du Scopenko.

Tournoi sportif de fraternité
Toujours dans le cadre du cinquantenaire du Scopenko, un grand tournoi de football a été lancé, auquel ont pris part toutes les paroisses gérées par CICM à Kinshasa, sans oublier la communauté du Scopenko qui s’y est pleinement associée.
La paroisse Sainte Elisabeth, après qu’elle ait neutralisé tous ses adversaires, a réussi à rejoindre le Scopenko en finale, qui de son côté, avait éliminé la paroisse Saint Kizito en demi-finale, sur le score serré de trois buts à deux. Cette finale a eu lieu sur le terrain du collège Saint Raphaël ; au bout du temps règlementaire, le score était d’un but partout ; l’arbitre de la rencontre a alors dû recourir à la séance fatidique des tirs au but pour connaitre le vainqueur de cette finale, car dit-on : « la finale ne se joue pas, elle se gagne ». Au finish, le Scopenko a remporté la victoire par le dernier tir au but de MBUYI Jean-Marie. La joie de cette victoire a inondé les cœurs de tous les Pré novices et de leurs formateurs, et a été exprimée par un pas de danse (la danse jubilaire) sur le terrain. Signalons que le score était de quatre buts à trois.
Il est à noter que, lors de cette finale, toutes les paroisses concernées par ce tournoi étaient représentées, sans oublier la communauté du noviciat CICM Buisson Ardent ; car ce tournoi s’inscrivait dans le cadre de la fraternité. Les Pré novices CICM ont eu à fraterniser avec les jeunes de différentes paroisses, et à leur tour, ces derniers avaient préparé diverses prestations pour rendre la journée spéciale, notamment : un pas de danse, un ballet et une comédie à la congolaise.
Pour clore ce grand événement, le Supérieur Provincial de la province CICM/KIN, le Père Jean-Eddy Bakando Efoloko a remis à tous les participants au tournoi des maillots portant le logo du jubilé d’or du Scopenko. A savoir aussi : bien avant le début de ce tournoi, les théologiens CICM de la CIFA à Ngoya, tous vacanciers, parmi lesquels se trouvaient aussi des ex-CICM qui sont donc passés par le Scopenko, ont participé à une rencontre sportive contre la communauté du Scopenko sur le terrain de la piscine de l’UNIKIN.
Cette rencontre se solda par un score de cinq buts à deux en faveur de la communauté du Scopenko. Tout s’est clôturé par un repas fraternel organisé à cet effet.
Les travaux de réhabilitation du Scopenko
Comme tous le savent, à l’âge de cinquante ans, un homme ou une femme commence à voir sa beauté se faner quelque peu. Pour cette raison, le Scopenko a entrepris les travaux de rénovation des bâtiments afin qu’ils se parent de la plus belle robe. Plusieurs travaux de réhabilitation ont ainsi été lancés avant le jour de la célébration. Parmi les lieux rénovés, figurent les bibliothèques, le réfectoire, le living des formateurs et la cuisine. Toujours dans cette logique, une nouvelle couche de peinture a rajeuni l’ensemble des bâtiments du Scopenko. A cela s’ajoute la construction d’une nouvelle grotte mariale, dédiée à la prière et à la dévotion envers la Vierge Marie, contribuant ainsi à la croissance spirituelle des jeunes en formation dans la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, laquelle est dédiée au Verbe Incarné, sous le haut-patronnage de la Vierge Marie. Cette grotte située devant l’aile rectorale est visible dès l’entrée au Scopenko, et accueille chaque matin les fidèles chrétiens, venant à la messe matinale..
La célébration proprement dite
Enfin arriva le jour tant attendu, le 02 août 2025, un jour que le Seigneur fit, rempli de joie et d’allégresse, celui du jubilé d’or du pré noviciat CICM Père Nkongolo. Cette célébration de grande envergure a rassemblé 4 évêques CICM, les missionnaires CICM venus des quatre coins du monde, y compris quelques prêtres séculiers ainsi que les fidèles laïcs venus de partout pour rendre grâce à Dieu pour la merveille de cinquante années d’existence du Scopenko.
Tout a commencé par une Célébration Eucharistique présidée par Monseigneur Edouard Tsimba Ngoma, CICM, évêque auxiliaire et délégué de l’Archevêque Métropolitain de Kinshasa, Mgr. Fridolin Cardinal Ambongo. L’animation liturgique a été assurée par les pré novices CICM et la chorale ‘Les messagers de Fatima’. La messe a débuté dans la joie avec une procession d’une centaine de prêtres habillés de chasubles et étoles réalisées à l’occasion du jubilé. Après la longue file des prêtres, se trouvaient les quatre évêques CICM : Mgr Filibert Tembo Nlandu, évêque de Budjala, Mgr Ernest Ngombe Ngboko, archevêque de Mbandaka Bikoro, Mgr Oscar Nkolo Kanowa, évêque de Mweka, et Mgr Edouard Tsimba Ngomba, évêque auxiliaire de Kinshasa, ainsi que le premier secrétaire de la nonciature apostolique en RDC, délégué du Nonce apostolique Mgr. Mitja Leskovar. Les participants à la fête furent nombreux : les anciens du Scopenko laïcs exerçant l’un ou l’autre service dans la société, des délégations des paroisses gérées par des CICM dans la ville de Kinshasa, plusieurs communautés religieuses e.a. : les sœurs ICM, la communauté du noviciat CICM Buisson Ardent…, des amis du Scopenko, quelques théologiens CICM en vacances ainsi que des pré novices CICM, tous habillés en d’un polo conçu pour la circonstance.
Dans son homélie, le Supérieur Général, Père Charles Phukuta Khonde, CICM, a longuement souligné la mission accomplie par cette maison de formation au service de l’Eglise depuis son érection, dont il est lui-même issu, ainsi que les quatre évêques présents à la célébration. Il a ensuite encouragé les formateurs et les étudiants à poursuivre sans relâche leur mission, faisant du Scopenko une pépinière de missionnaires fidèles à l’Evangile, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des hommes.
Après la communion, fut venu le moment où le père Emmanuel Iroung, CICM, chargé de l’animation missionnaire, procéda à la présentation de toutes les autorités ecclésiastiques et des missionnaires CICM venant de huit provinces CICM à savoir : KIN, AFA, ACO, LAC, USA, BNL, ASIE et RP ainsi que de la mission de Malawi. Il a ensuite présenté toutes les générations des CICM formés par le Scopenko depuis sa création jusqu’à ce jour.
Prenant la parole à son tour, bien avant la bénédiction finale, Mgr Edouard Tsimba Ngoma, CICM, a exhorté les pré novices CICM et l’assemblée à garder l’espérance grâce à l’intercession de la Vierge Marie, en dépit des épreuves et difficultés. Il a également demandé aux pré-novices de veiller sur la grotte, et en particulier sur la statuette de la Vierge Marie, qui fait actuellement l’objet de vols et/ou de profanations. Suite à cette exhortation, la grotte mariale a été bénie solennellement. La messe du jubilé prit fin vers 13h dans un climat de joie, de paix et de sérénité ; suivie d’un repas fraternel, qui a été aussi un moment de retrouvailles pour beaucoup de ceux qui étaient présents à cette messe.
Nous avons célébré les cinquante années d’existence du Scopenko, signe de la fidélité de Dieu qui continue d’appeler. Un grand coup de chapeau à tous les formateurs qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour accompagner des générations de nombreux pré novices qui, en passant par cette maison, ont fait l’expérience de cœurs ouverts, façonnés à l’école du Christ Missionnaire. Mais ce jubilé n’a pas été seulement un souvenir du passé, il est aussi un appel dans ce monde marqué par bien des défis : crise de la foi, pauvreté, individualisme, recherche de repères, …
Notre maison de formation doit continuer à être un lieu d’espérance, une école de vie évangélique et missionnaire ; elle doit continuer à être ce creuset où se forgent des cœurs capables d’aimer jusqu’à rejoindre ceux qui sont aux périphéries, là où l’Evangile est attendu comme une lumière. Que cette célébration nous rappelle que nous sommes héritiers d’une histoire et bâtisseurs d’un avenir. Enracinés dans le Cœur Immaculé de Marie, nous poursuivons notre mission avec confiance : être des témoins de la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités du monde.

Eric Michael Imbao, cicm
Missionnaire aux USA
Le logo de la Conférence Générale CICM est inspiré des paroles de Jésus à Simon Pierre : «Avance en eau profonde et jette tes filets pour pêcher », rapportées dans Luc 5:4. Le passage ne fait pas seulement référence à la capture miraculeuse de poissons ; il s'agit plutôt de la mission d'évangéliser le monde et de gagner des âmes pour Dieu. Ce logo est une façon humble mais significative de définir l'objectif de la conférence et l'appel de CICM face aux défis d'aujourd'hui.
Le bateau au centre du logo représente la mission de CICM. D'un seul cœur et d’une seule âme, nous sommes appelés à ramer dans la même direction, inspirés par notre charisme, nos priorités missionnaires et notre histoire. Le mât du bateau est la croix (croix brune), qui représente la croix du Christ qui est le capitaine du bateau. Où que nous allions, nous annonçons l'acte salvifique de Dieu par la croix pour le salut de l'humanité. Poussés par la grande voile (divisée en trois voiles dorées) qui symbolise la sainte Trinité, qui pousse le bateau là où Elle désire qu'il aille. Les vagues bleues représentent les défis du monde d'aujourd'hui. La société nous ballotte et nous tire dans différentes directions. Parfois, nous nous sentons poussés là où les vagues nous poussent. Cependant, il faut parfois aller dans la direction opposée. L'image du peuple (en vert et rouge) illustre notre mission non pas comme une entreprise individuelle, mais plutôt comme un effort communautaire, tout comme lorsque Jésus a chargé ses apôtres et les soixante-douze autres disciples qu'il a envoyés deux par deux. En tant que CICM, nous devons également incarner cet esprit de la mission communautaire. Au bas du logo se trouve le texte du thème de la Conférence Générale CICM 2026 : « Avance en eau profonde » (Duc in Altum), représenté en lettres bleues.
Kevin Saministrado, cicm
Missionnaire en Rép. Dom.
Les sessions de formation à l'intention des membres récemment nommés des gouvernements provinciaux sont une tradition respectée depuis plus de deux décennies. La lettre du Père Charles Phukuta, CICM, Supérieur général de la Congrégation, datée du 15 juillet 2024, a convoqué les nouveaux membres du gouvernement provincial de LAC, de BNL et de US pour une session de formation d'une semaine. Cette formation s'est déroulée au Centre de retraite Ermida, Miguel Pereira, Rio de Janeiro, du 7 au 13 octobre 2024. Un ordre du jour provisoire avait été envoyé pour s'y préparer, et une étude des documents CICM avait également été recommandée. En lisant ces documents et les attentes écrites des confrères de la Province LAC lors des votes consultatifs des membres du Gouvernement provincial, j'ai soulevé de nombreuses questions : Comment puis-je aider la Province et la Congrégation ? Où en suis-je dans mon travail de conseiller ? Est-ce que je me suis bien débrouillé au cours des 3 derniers mois avant cette séance d'entraînement ? Quelles sont mes limites ? Avec toutes ces questions, je suis arrivé au Brésil un peu dans la confusion.
Cependant, j'ai été très heureux de rencontrer les confrères d'autres provinces qui ont également accepté la nomination de faire partie de leur gouvernement provincial respectif. Certains d'entre eux ont suffisamment d'expérience dans les services administratifs de CICM, et me voici, un nouveau venu et fraichement nommé dans ce ministère de leadership dans notre Congrégation. J'ai rejoint ce groupe avec enthousiasme pour mieux connaître mes tâches et mes responsabilités dans la Province d'Amérique latine et des Caraïbes et la Congrégation.

La Formation
Le Supérieur général a souligné que la présence des membres de 3 Gouvernements provinciaux avait pour but de s'animer et de s'aider mutuellement à comprendre pleinement les principes fondamentaux de la Congrégation selon ses statuts et ses Constitutions. Il a souligné que nos Constitutions CICM ont la plus haute autorité parmi tous les documents. Cela signifie que nous devons les connaître par cœur pour qu’elles nous guident en tant que membres et dirigeants de la Congrégation. Un bon leader doit être équipé de quelques outils pour prendre soin de ses confrères et affronter les différentes situations de sa province. Le rôle de leadership consiste à promouvoir la vision CICM et à inspirer les confrères à travailler avec cette vision.
Selon les statistiques générales de l'Elenchus, nous avons 740 prêtres, 21 frères et 13 diacres, ce qui indique un nombre signifiant de confrères et le caractère multiculturel de la Congrégation. Comment impliquer toutes ces personnes concernées par la vision CICM ? Au cours du 13ème Chapitre Général de 2005, à Rome, les capitulants ont été formés dans différents ateliers à l’emploi d’outils et de techniques pratiques tels que : les directives pour une communication respectueuse ; comment gérer nos expériences négatives ; inviter les autres à communiquer et analyser ce qui se passe en nous-mêmes. Heureusement, cette formation s'en fait également l'écho, en particulier les « lignes directrices de communication respectueuse d'Eric Law »:
R – Prendre la responsabilité de ce que l’on dit et de ce qu’on ressent, sans blâmer les autres
E – Utiliser l'écoute empathique
S – Être sensible aux différences de styles de communication et culturels
P – Réfléchir à ce que l’on entend et ressent avant de parler
E – Examiner ses propres hypothèses et perceptions
C – Préserver la confidentialité
T – Tolérer le fait de rester dans une certaine ambiguïté parce que l’on n’est pas là pour débattre. Il n'y a pas de «gagnants » ou de « perdants ».
Ces directives sont cruciales pour faciliter le partage et la discussion individuels dans notre groupe multiculturel. Les processus décrits par Eric Law favorisent un véritable dialogue entre divers groupes dans une série de réunions et de discussions. Ces compétences de communication précises et respectueuses doivent être basées sur l'ouverture, l'inclusion, l'honnêteté et la transparence. Elles parlent aussi de se valoriser les uns les autres et de reconnaître le rôle unique de chacun dans cette Congrégation bien-aimée.
Nous avons entendu des histoires de confrères qui se noyaient et qui étaient perdus, mais qui ont retrouvé le chemin et sont revenus dans la Congrégation. Il y eut aussi des histoires de confrères qui étaient critiqués et rejetés, mais qui sont devenus de bons curés et même des missionnaires très respectés. Cela me rappelle l'Évangile de Mt 14,22-33, où Pierre allait se noyer, et Jésus lui a tendu la main pour le sauver, ou l'Évangile de Luc 15,11-32, la parabole du fils perdu. Dans de telles situations, la communication est le meilleur moyen qui peut offrir un contexte accueillant et créer un sentiment d'appartenance et de connexion pour reconnaître nos confrères dans leur unicité, qui est mise en valeur et respectée dans notre Congrégation.

Leadership à l'échelle provinciale
Les membres du Gouvernement Provincial doivent être des animateur spirituels qui conduisent et guident chaque confrère pour répondre pleinement à l'appel du Christ ; « Allez dans le monde entier ; annoncez l'Évangile à toute la création. » (Mc 16, 15). En tant que missionnaires religieux de races et de cultures différentes, nous vivons et travaillons ensemble comme des frères. « Un seul cœur et une seule âme, nous témoignons de la volonté du Père que tous les hommes et toutes les femmes soient frères et sœurs dans le Christ. » (art. 2 de les Constitutions CICM). Travailler dans la vigne du Seigneur est un engagement collectif. Chacun d'entre nous a la mission de contribuer à la bonne récolte. Cela signifie que la province doit avoir une vision claire et précise. Où allons nous? Quels sont les outils nécessaires pour cultiver cette vigne ? Comment produirons-nous une bonne récolte ?
La compilation des attentes des confrères de la Province d'Amérique latine et des Caraïbes destinée au Bureau du Supérieur provincial, du Vice-Provincial et des Conseillers nous donne quelques idées afin que nous soyons plus productifs. Des conseils et des stratégies utiles sont partagées afin de poursuivre le travail avec les confrères ou les collaborateurs dans cette vigne. Il est demandé aux responsables d'être ouverts d'esprit et bienveillants et de promouvoir l'unité et la fraternité entre les confrères. Tous les membres de la Congrégation qui travaillent pour le Royaume de Dieu doivent être traités avec dignité et respect. Il faut être attentifs même aux plus particuliers des confrères et aux plus difficiles. Reconnaître et répondre à leurs besoins spirituels, émotionnels et physiques est essentiel à leur croissance. Enfin, les responsables doivent animer et motiver les confrères afin qu’ils soient fidèles à la mission confiée à l'Institut.
Les lignes directrices pour la vie multiculturelle en CICM recommandent à nos leaders, au Supérieur provincial et à son Conseil, qui devraient mettre un point d'honneur à ce que les statuts de la Province fournissent des lignes directrices claires et cohérentes pour tous les membres. L'absence de telles lignes directrices peut être une source de tension et conduire à toutes sortes de mauvaises interprétations, ce qui nuit à la vie multiculturelle (RI 2005, p. 17). Lors des sessions de formation, les stagiaires sont invités à lire et à consulter les documents. Que dit-on dans les Constitutions, les Vade-cum, ou dans les statuts de la province ? C'est la question que j'ai toujours entendue lors de nos échanges et de nos discussions. Cela signifie que les directives de la Congrégation et d'autres documents font référence à la manière d'accomplir une tâche et de créer une province harmonieuse. Cela garantit également que notre vie missionnaire est cohérente et se déroule sans heurts en ce qui concerne notre vision missionnaire.
Avec l'aide de ces lignes directrices, les confrères sauront ce que la Province attend d'eux. Bien que des directives, des vade-mecum, des constitutions et d'autres documents soient présents pour aligner notre vie dans la Congrégation, des conflits surgissent toujours en raison de la diversité de nos cultures, de nos personnalités individuelles, de nos styles de communication, de nos idées et de nos intérêts. On s'attend à ce que des conflits surgissent dans un groupe diversifié, même lorsque nous partageons le même charisme et la même vision. Cependant, les dirigeants doivent s'en occuper immédiatement. Passer à l'action en dialoguant avec un tel ou un autre. Comprendre le vrai problème et apporter une solution à l’amiable à telle personne ou à cette situation.

S’enraciner dans le Christ
Notre leadership doit être plus enraciné dans le Christ et imprégné de l'esprit de l'Évangile, et d'autre part, il doit être entièrement immergé dans l'esprit et l'expérience missionnaire et religieuse de la Congrégation (Actes du 15ème Chapitre général, p. 17). Le leadership en Christ est un acte de diriger et de servir les autres dans l'intérêt du Royaume de Dieu. Jésus lui-même avait toujours un comportement évident dans l'Évangile : « Jésus les convoqua et leur dit : Vous savez que les chefs des nations dominent sur eux, et que leurs hauts fonctionnaires exercent leur autorité sur eux. Qu’il n’en soit pas ainsi pour vous. Au contraire, celui qui veut devenir grand parmi vous doit être votre serviteur, et celui qui veut être le premier doit être votre esclave ; de même que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Mt 20, 25-28).
L'exemple de leadership de Jésus est un chemin de service. Les vertus du service, de l'humilité et de l'amour se reflètent dans son travail et son enseignement. Son leadership ne consistait pas dans le fait de rassembler des foules autour de lui, mais dans le service qu’Il rendait et l’invitation qu’Il adressait à ses disciples à faire de même. Répondre aux besoins de son peuple est essentiel pour lui. Un jour Il se retourna et demanda : « Qui a touché mon manteau ? »Il savait bien ce qui était prioritaire dans la relation et a montré qu'il avait du temps pour chacun malgré d'autres responsabilités. Jésus connaissait bien sa mission. Dans les dernières heures avant sa crucifixion, son disciple l'a trahi. Pierre l'a renié trois fois, et certains l'ont abandonné, mais il est resté fidèle à son engagement envers Dieu. Il est mort pour le salut de toute l'humanité.
Nos responsables doivent prendre conscience qu'ils participent à la mission du Christ, confiée à l'Église et à l'Institut. Leur attention ne doit pas être détournée par les difficultés, le scepticisme ou les adversaires. La persévérance est une vertu que les leaders doivent apprendre pour être efficaces dans la conduite et la direction des autres. En CICM, l'appel au leadership fonctionne dans un esprit de service et considère que la tâche la plus importante est de préserver la fidélité de l'Institut à son esprit et à sa mission, de promouvoir l'unité et la communion entre les confrères et d'encourager leur participation à la vie de l'Institut (Const. Art. 84).
Les leaders de notre Congrégation doivent être de bons animateurs qui peuvent nous inspirer et nous motiver dans tous nos engagements, qui peuvent nous amener à atteindre notre objectif missionnaire. Dans des conditions ambiguës et dans un monde en évolution rapide, nos dirigeants fournissent des orientations et des priorités claires concernant la direction que nous prenons, avec l'appui de tous les membres. C'est pourquoi l'unité et la communion entre les confrères doivent être promues, afin que nous puissions créer les conditions pour les renforcer et leur permettre de participer pleinement à la vie de l'Institut, en produisant de bons résultats. Enfin, les leaders doivent créer un climat où les confrères se sentent valorisés et respectés. §




